La malédiction de naître fille

« Je suis d’accord avec ce que dit mon mari, c’est normal : la fille ne ramène pas d’argent à sa famille, on ne l’envoie pas à l’école, elle ne sait pas lire, pas écrire, elle ne sort jamais. Elle n’est bonne qu’à s’occuper des tâches ménagères de ses frères et de la cuisine. Toutes les femmes ici veulent des garçons. Une femme qui n’a que des filles se fait quitter par son mari. Une femme qui ne fait pas de garçons n’est pas une vraie femme. »

Reportage diffusé sur Arte le vendredi 25 avril 2014.

Dans certains pays, naître fille est une malédiction. En Inde, au Pakistan ou encore en Chine, toutes les femmes veulent accoucher d’un petit garçon. Des infanticides (illégaux mais rituels) au Pakistan et en Inde, en passant par les avortements sélectifs, de nombreuses filles manquent à ces sociétés patriarcales, ce qui pose un réel problème politique et social. Aujourd’hui, il manquerait 100 millions de petites filles dans le monde.

Dans ces pays, les femmes sont jugées comme inutiles : elles ne rapportent pas d’argent, et il faut surtout les marier (ce qui coûte très cher à la famille). Problème causé par la pauvreté grandissante dans ces pays : nous retrouvons des nouveau-nées (99% étant des filles) dans des décharges, ou encore abandonnées sur les bas-côtés. Des mesures sont prises, certaines associations luttent contre ce phénomène et vont suivre des familles pour qu’elles ne tuent pas leurs enfants, d’autres tentent de changer les mentalités en aillant parler aux femmes, des orphelinats recueillent ces petites filles et les élèvent. En Chine, le gouvernement met en place de nombreuses campagnes de publicités pour « chérir les filles »… Ironie du sort pour ces hommes, « malheureux » qui selon les statistiques  ont très peu de chance de trouver une femme pour se marier et fonder une famille. Des dizaines de millions de filles tuées ou avortées chaque année, véritable génocide qui engendre une forte baisse démographique.

Il faudra encore du temps pour changer les mentalités et stopper réellement ce problème, mais la première des mesures à prendre est d’en parler.

Doriane Bazelaire

« L’esclave qui obéit choisit d’obéir »

Simone de Beauvoir

 

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